Suivez le guide. Nouvelle année, nouvelle programmation culturelle. Voici la selection du moment des expositions de ce début d'année 2023 à Paris.

Et pour réserver vos billets, vous pouvez utiliser notre conciergerie en ligne 24h/24 : http://hotelcontinent.guide.paris/

Fabrice Hyber 'La Vallée'

Fabrice Hyber 'La Vallée'

4 sur 5 étoiles / Art / Montparnasse / 

Gros nom de la scène contemporaine, Fabrice Hyber s’illustre à la Fondation Cartier avec son projet La Vallée, une expo qui met en scène ses œuvres dans un cadre scolaire. Persuadé qu’on “peut apprendre des choses par les œuvres”, le plasticien illustre son propos de façon littérale et transforme le mastodonte de verre et de béton qu’est la Fondation Cartier en une école dotée d’un préau, de salles de classe et même d’espaces de motricité. Une scéno complètement inédite dans laquelle on s’émerveille, et on apprend. Poussant l’aspect pédagogique à fond, la Fondation Cartier agrémente chaque cartel d’un QR code renvoyant à des vidéos explicatives tournées par Hyber himself. Bien loin des expos contemporaines inaccessibles, La Vallée renvoie à des codes connus de tous et nous prouve que non, on n’a pas toujours besoin d’un doctorat en histoire de l’art pour capter le message d'œuvres contemporaines.

Lire la critique

 

Frida Kahlo, au-delà des apparences

Frida Kahlo, au-delà des apparences

5 sur 5 étoiles / Art / Chaillot / 

Sapologue, féministe et communiste assumée, la célèbre artiste Frida Kahlo squatte le plus modeux des musées parisiens en plein fashion month. A travers un parcours thématique et quelque 200 objets provenant de la Casa Azul (la baraque de Frida à Mexico), on (re)découvre une artiste qui a fait de son corps sa plus grande œuvre d’art. L’expo commence dans un sous-sol aussi sombre qu’un couplet de Damso, où lettres, bijoux et photos nous mettent dans la confidence. Blessée, trompée, amputée mais jamais découragée, elle portait ses corsets par obligation mais les peignait par conviction. Passé la galerie, le reste de l’expo nous plonge dans un univers bien plus lumineux : les tenues colorées de l’artiste nous pètent la rétine, contrastant avec l’intimité de la première partie. Cette section « fringues », c’est le visage que présente Frida Kahlo au monde, entre vêtements aux accents régionalistes, monosourcil iconique et identité de genre floue. 

Lire la critique

 

Claude Monet - Joan Mitchell

Claude Monet - Joan Mitchell

5 sur 5 étoiles / Art / 16e arrondissement / 

Pour faire simple, l’un peint des jolis nymphéas quand l’autre s’illustre dans un registre non figuratif. Et pourtant, quand on se balade dans l’expo, la mise en place d’une telle rencontre paraît carrément évidente : ces deux-là étaient faits pour s’entendre ! Pourtant, Joan Mitchell n’a jamais aimé les comparaisons avec Monet de son vivant. Alors, qu’aurait pensé Mitchell de cette expo posthume ? Peut-être pas que du bien. Plus gros accrochage dédié à l’Américaine jamais présenté en France, la partie confrontant les deux corpus est pourtant un délice, tant la filiation entre les deux artistes est flagrante. Gros formats, maîtrise parfaite de la texture, palette commune… On se plaît à passer de tableau en tableau pour les comparer, chercher les similitudes et les divergences. C’est une expo cinq étoiles dont la scéno tout en sobriété laisse parler les œuvres, qui, on vous l’assure, ont plein de choses à dire.

Lire la critique

 

Foire Foraine d’Art Contemporain

Foire Foraine d’Art Contemporain

5 sur 5 étoiles / Art contemporain / 19e arrondissement / 

Le spot de la rue Curial nous invite à faire des tours de manège et à grignoter de la barbe à papa grâce aux artistes les plus en vue du moment. Se cultiver en faisant un tour de grand huit, du jamais-vu ! Train fantôme, tir à la carabine, palais des glaces, chaises volantes… Tous les incontournables de la fête foraine se déclinent à la sauce arty grâce à l’intervention d’une cinquantaine d’artistes qui transforment le Centquatre en un véritable parc d'attractions. C’est dans un manège signé Pierre Ardouvin qu’on se tape des barres et ce sont des gaufres inspirées du street artiste Invader que l’on déguste. Julio Le Parc chantourne un palais des glaces plus vrai que nature, Pascale Marthine Tayou remixe la roue de la fortune et Leandro Erlich défie les lois de la gravité et d’ORLAN. A faire avec ses potes, ses gosses ou même son chien, promis : c’est l’éclate assurée.

Lire la critique

 

Habibi, les révolutions de l'amour

Habibi, les révolutions de l'amour

3 sur 5 étoiles / Art / Jussieu / 

L’Institut du monde arabe signe ici l’une des expos les plus audacieuses de la saison. Si elle valorise des artistes qui travaillent autour des identités LGBTQIA+, l’expo est d’autant plus osée que l’Institut est le fruit d’une fondation financée par la France et les États membres de la Ligue arabe, et que pas mal d’entre eux répriment sévèrement l’homosexualité. Niveau œuvres, on n’a clairement pas été déçu. Toutes les pièces présentées sur les deux niveaux de l’expo sont d’une puissance indéniable. Malheureusement, quelques détails viennent ternir l’expo, à commencer par le côté fourre-tout dans la provenance des artistes, sans que la multiplicité de celles-ci ne soit jamais vraiment expliquée. Des maladresses qui se concrétisent dans une fin d’expo frustrante, abrupte, qui nous a même poussés à aller voir un gardien pour demander “Mais ça finit comme ça ?!”.

Lire la critique

 

GOLD. Les ors d’Yves Saint Laurent

GOLD. Les ors d’Yves Saint Laurent

4 sur 5 étoiles / Mode / Chaillot / 

Et si Yves Saint-Laurent était l’ultimate gold digger ? Pour célébrer les 60 ans de la première collection de la griffe YSL et les 5 ans du musée parisien du même nom, l’ancien fief de la maison – devenu lieu d’expo – présente GOLD. Les ors d’Yves Saint Laurent. Alors que les expositions mode sont souvent l’occasion de faire des rétrospectives, le musée Yves Saint Laurent tire son épingle (lol) du jeu et propose une expo thématique avec des choix qui ne semblent jamais capillotractés ni manquer de conviction. C’est simple : toutes les pièces présentées alimentent une période, un discours, une inspiration et illustrent la carrière de celui qui était finalement plus artiste qu’artisan. A travers une quarantaine de créations, on se rend compte que l’or fait office de fil rouge dans les collections de ce génie de la sape. S’il y a une expo à visiter avant de choisir ses tenues pour briller sur le dancefloor le 31, c’est celle-ci.

Lire la critique

 

Années 80. Mode, design et graphisme en France

Années 80. Mode, design et graphisme en France

4 sur 5 étoiles / Art Contemporain / Louvre / 

Synonyme de liberté, de fête et d’audace, la décennie 80 est l’une des plus créatives du siècle dernier. Pour le prouver, le MAD rassemble près de 700 pièces issues de domaines divers (mode, design, publicité). Tous les marqueurs sociaux des années 80 sont passés au crible dans une scénographie clinquante signée Adrien Rovero. De l’arrivée de Mitterrand à l’Elysée en 1981 à la chute du mur de Berlin en 1989, il s’en est passé des trucs en dix piges. Le parcours débute avec une partie dédiée à la com, qu’elle soit politique, culturelle ou publicitaire.  Même chose pour la mode : de Thierry Mugler à Jean-Paul Gaultier, un vent de légèreté souffle dans les dressings. Si vous souhaitez vraiment comprendre pourquoi vos darons ne cessent de choisir le thème “années 80” pour leurs soirées, direction une petite salle sombre cachée dans le MAD qui nous fait revivre la folie du Palace, des Bains Douches et des concerts des Rita Mitsouko.

Lire la critique

 

Parisiennes citoyennes !

Parisiennes citoyennes !

4 sur 5 étoiles  / Art / Le Marais / Jusqu'au 29 janv. 2023

Spécialiste de l’histoire de notre belle capitale, c’est cette fois-ci au féminin qu’il décline le passé avec un femmage d’exception. La tâche n’était pas simple : rendre compte des luttes féministes qui ont secoué Paname depuis la Révolution ! Le spot du Marais réussit à caler plus de deux siècles d’engagement dans son petit espace sans que l’on se sente jamais à l’étroit, ni débordé. L’exposition est ultra accessible et notre déambulation est rythmée par de petits textes illustrés tout mignons tout rigolos signés Lisa Mandel. Le parcours chronologique multiplie les formats, entre photos de manif de suffragettes, manuscrit original du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, œuvres d’art de meuf badass – de Claude Cahun à Orlan en passant par Niki de Saint Phalle –, affiches engagées et films témoignages. On gobe un max de savoir et on a hâte d’y retourner avec notre petite-nièce de 10 ans.

Lire la critique

 

LV Dream

LV Dream

3 sur 5 étoiles / Mode / Châtelet / 

En pleine Fashion Week, la griffe au célèbre monogramme retrace plus d’un siècle d’innovation, des malles Transformers – devenant tour à tour des dressings ou des bureaux – aux modèles intemporels revus par les plus gros blazes de la mode – Azzedine Alaïa, Vivienne Westwood ou Karl Lagerfeld. Si Yves Saint-Laurent faisait des clins d'œil à ses œuvres préférées dans ses défilés, Louis Vuitton charge carrément les plasticiens d’imaginer les modèles de ses collections :  carrés de soie signés Sol LeWitt, sacs tagués Stephen Sprouse, collection conçue par Takashi Murakami et (trop) nombreuses collaborations avec le roi du kitsch Jeff Koons. Un parti pris ultra innovant qui place LV en pionnier, faisant de ses accessoires de vraies œuvres d’art. Malheureusement, si l’idée de revenir sur le rapport entre la griffe et le monde de l’art était vraiment intéressante, l’expo donne le sentiment d’être immergé dans une pub géante, avec des médiateurs sapés comme le staff d’un défilé. Dommage.

Lire la critique

 

Hyperréalisme. Ceci n’est pas un corps

Hyperréalisme. Ceci n’est pas un corps

3 sur 5 étoiles / Art / 7e arrondissement / 

Hyperréalisme est une expo blockbuster qui a fait le tour du monde. Et comme un Marvel qui fait des millions d’entrées, l’événement divise. D’un côté, l’expo est impressionnante. Les plus gros blazes du mouvement hyperréaliste sont là, de John de Andrea à Duane Hanson, et leur taf est troublant de vérité. Engoncées dans les petits espaces du musée Maillol, les sculptures paraissent d’autant plus grandioses et proches du spectateur. Mais l’aspect divertissement ne prend-il pas un peu trop le dessus sur le propos artistique ? S’il est vrai que des vidéos montrant les processus de création appuient le propos de l’expo, l’ensemble tourne vite en musée Grévin version intello où l’on ne vient pas pour voir la statue de cire de Zizou mais celle d’Andy Warhol. Mais au fond, cela fait-il vraiment une différence ?

Lire la critique

Fela Kuti-Anikulapo – Rébellion afrobeat

Fela Kuti-Anikulapo – Rébellion afrobeat

5 sur 5 étoiles / Musique / La Villette / 

La musique est si forte qu’elle déborde des salles d’expo. Créateur de l’afrobeat, Fela Kuti s’est illustré autant un saxo aux lèvres que sur la scène politique du Nigeria et il fait aujourd’hui l’objet d’une expo magnifique à la Philharmonie de Paris. L’occasion d’en apprendre plus sur ce génie de la musique, son rapport à la politique, aux femmes et à son pays natal. Entre les concerts qui s’enchaînent, les cartels ultra-détaillés, la multitude de photos, de pochettes de vinyle, de coupures de presse mais aussi… de slips (oui oui), la Philharmonie met en lumière les différentes facettes du Black President. L’expo évoque également, quoique assez timidement, son rapport aux femmes, sa mère, figure militante des années 50, et ses « Queens », ses compagnes – parfois mineures – qui l’entouraient. Mort du sida en 1997, il est aujourd’hui une icône incontestable. Mais dans un monde où l’on se demande (trop) souvent si l’artiste doit être séparé de l’homme, la question se pose : Fela Kuti fait-il encore figure d’intouchable ?

Lire la critique

 

Décadrage colonial

Décadrage colonial

4 sur 5 étoiles / Art / 4e arrondissement / 

Cachée dans la galerie de photographies du Centre Pompidou, une expo revient en images sur l’anticolonialisme des années 1930. Au début du parcours, on craignait une analyse très binaire du sujet, avec à gauche une partie pro-colonisation agrémentée de photos institutionnelles, et à droite une partie plus revendicatrice avec des tracts et des photos artistiques. On s’est bien trompés ! L’expo montre les 50 nuances de gris de l’engagement politique des intellectuels de l’époque. Car s’ils se positionnent bien contre les colonies, ils ne semblent pas se poser la question de l’appropriation culturelle, de l'exotisation de certaines populations ou de sa fétichisation. Bref, ils dénoncent, mais d’une façon qui ne serait certainement pas acceptable aujourd’hui. Heureusement, des textes d’Aimé Césaire et de Paulette Nardal ainsi que l’intervention des rappeurs Casey et Rocé apportent un regard plus moderne bienvenu.

Lire la critique

 

Urbain de Paname

Urbain de Paname

3 sur 5 étoiles / Art / Paris et sa banlieue / 

Saint-Ouen est-il à Paris ce que Brooklyn est à New York ? C’est un peu la question qu’on se pose en atterrissant dans l’ancienne patinoire de la ville, où toute la coolitude semble s’être donné rendez-vous, entre graffeurs et artistes contemporains en vogue, radio musicale et bar improvisé digne d’une friche. Le souci avec ce genre d’événements très hype, c’est que, parfois, le fond ne suit pas. Sur ce point, on est mitigé. Calées entre un Invader et un Banksy, des œuvres bien plus conceptuelles squattent la nef, donnant une impression de manque d’appareil critique. Le premier tour de l’expo nous a laissés un peu perplexes quant au propos final. Sauf qu'on a beau se la jouer un peu snob sur la sélection des œuvres, ça fonctionne. On est autant ambiancés par les beats de la radio FIP que par les énormes installations et les événements. Urbain de Paname a trouvé la recette pour rendre l’art plus fun, et surtout plus accessible.

Lire la critique

 

étienne + robial. graphisme & collection, de futuropolis à canal+

étienne + robial. graphisme & collection, de futuropolis à canal+

5 sur 5 étoiles / Art / Louvre / 

En ce moment, au MAD, il faut aller jusqu’au troisième étage pour découvrir la rétrospective Etienne Robial. Si son blaze ne vous dit rien, on est quasiment sûr que vous avez déjà vu son travail. Si on vous dit Canal+, le PSG, Les InrocksL’Équipe, vous avez les logos en tête ? Eh bien ils sont tous signés Robial ! Graphiste, éditeur, directeur artistique, prof et même collectionneur, le type possède plus de casquettes qu’un hipster du Marais ! L’expo retrace ainsi plus de cinquante ans de création en faisant dialoguer ses projets avec des pièces de sa collection, celle du MAD, des objets Bauhaus, des œuvres de Malevitch ou même du simple matériel de cuisine. Ultra ludique, le parcours propose aux visiteurs de manipuler des lettres en papier et des Lego, de feuilleter des pages de magazines ou de découvrir des catalogues d’alphabets imaginés par Robial. Avec Etienne Robial, le MAD signe, encore une fois, une expo sans faute (de frappe).

Lire la critique

 

Oskar Kokoschka. Un fauve à Vienne

Oskar Kokoschka. Un fauve à Vienne

4 sur 5 étoiles / Art / Chaillot / 

Breaking news, un fauve s’est échappé à Paris ! Non, il ne sort pas du zoo de Vincennes mais nous arrive tout droit d’Autriche. Son blaze ? Oskar Kokoschka. Sachez qu’il a été l’élève de Gustav Klimt et qu’il méritait bien que l’on s’intéresse d’un peu plus près à son travail et à sa maîtrise hors pair de la couleur. Il a désormais sa rétrospective parisienne et c’est au musée d’Art moderne que ça se passe. Le spot du 16e rassemble prèsente près de 150 œuvres revenant sur ses quelque 70 années de créativité. Si, niveau engagement, Kokoschka est plus qu’affirmé, côté style, l’artiste se cherche, s’essaie à toutes les modes. Préparez-vous donc à sauter d’un format et d’une idée à l’autre dans un parcours rythmé et haut en couleur servi par une scénographie d’une parfaite sobriété.

Lire la critique

 

Face au soleil, un astre dans les arts

Face au soleil, un astre dans les arts

4 sur 5 étoiles / Art / Marmottant / 

Alors que l’année 2022 est irradiée d’événements en lien avec les 150 ans du tableau Impression, soleil levant de Claude Monet, le musée Marmottan a de son côté décidé de mettre en lumière le soleil qui pointe dans le ciel. Du 21 septembre au 29 janvier 2023, les visiteurs pourront zieuter certaines des plus belles représentations artistiques de l'astre. Et attention, la liste des artistes exposés est aveuglante avec, au choix, Pablo Picasso, Sonia Delaunay, Gérard Fromanger, Otto Dix, Pierre Paul Rubens, William Turner, Gustave Courbet ou Paul Signac. Ecran total et lunettes de rigueur.

En savoir plus